Blog d'un citoyen du monde

19 janvier 2009

Pour mon 300ème message

Au beau milieu du Conseil où le débat était, je vous l'assure, tout à fait passionant, je lève les yeux vers ce ciel et une citation me revient dans la tête : "Sauvage est la proximité du sacré". Et là c'est le déclic, une autre arrive plus foudroyante que jamais "Nous ne sommes pas de ce monde, nous sommes des justes". Mais qui suis-je pour oser affirmer cela? Sauvage est la proximité du sacré, sauvage est la proximité du sacré... j'ai un mal de crâne absolu, je sais exactement d'où ça vient, où j'ai découvert cette citation, un jour sur la toile. Je ne peux m'empêcher de me dire qu'aujourd'hui je suis dans le faux, un faux perpétuel. J'ai perdu le sacré, je ne vois plus le sauvage. Solko écrivait parlait d'une rivière polluée chez Char, mais j'en suis le responsable, je la pollue perpétuellement en tâchant de me l'approprier, en tâchant vainement de la comprendre. Je suis comme tous ces gens qui vont à la mer et qui passent leur journée sur le sable en se plaignant de la chaleur, du soleil et qui, une fois en hiver prenne la position la symétriquement opposée. Car oui, il faut le dire, au lieu d'aller me baigner dans cette rivière, je la regarde, j'essaye d'attraper de l'eau. Evidemment là, vous vous dîtes que vous lisez le journal d'un fou. Fou, peut-être pas, mais con, tout à fait.

Je ne vois plus le sauvage car j'ai tenté de dompter le sacré, de le domestiquer. J'ai voulu faire de tout ce qui était ma vie une étendue qui faisait sens mais cela ne se peut. Le sens jaillit ici, putain c'est maintenant parfaitement clair. D'abord j'ai constaté cette absurdité, je voyais Sisyphe et des larmes me venaient aux yeux, puis la plus immense des joies s'est emparée de moi lorsque Camus a filé à Sisyphe la possibilité d'être un juste. Tout s'éclaircissait et pourtant demeurait, non loin de là, un doute perpétuel sur le vrai. Je cherchais tel Thoreau la vérité, une vérité énigmatique au milieu des valeurs, des croyances. Je n'ai rien trouvé d'autre que l'amour. Je me demandais comment une chose aussi répandue, un acte devenu aussi machinal pouvait être la clé. Je voulais y croire et d'ailleurs je lançais cette idée dans bien des lieux, y compris sur certains blogs. Au fond de moi un doute subsistait, comment faire de l'amour la terre promise, le lieu d'accueil de toutes mes espérances? La réponse arriva peu à peu, se dissimula dans mon subconscient, je la voyais dans les rares rêves que je ne contrôle pas. Elle était là, Dieu qu'elle était belle, je la touchais, la caressais, je lui fis même, une nuit, l'amour... C'est pour dire, tout était réuni dans cette confession absurde que je fis un jour en lisant Raskolnikov. Cette boue qui le reçevait, il exisait sur terre un endroit où la même chose m'était destinée.

Il est plus que jamais vital pour moi de vider de mon âme tout ce qui relève du sacrilège, de la domestication, finalement tout ce qui cause en moi la haine, l'envie, l'ambition. Je me suis fait pourrir le jour où j'ai intégré dans mon langage la notion de société, pire encore le jour où la politique a pointé son nez. Je suis dès lors entré dans une profonde décomposition, une forme tout aussi absurde de vie que celle que je quittais. Non, dans la révolte, il n'y avait rien de bon, les Justes n'avaient d'intérêt que dans leurs morts, c'est là qu'ils voulaient vivre. Dora, combien de fois j'aurais voulu lui dire que son enfance, je l'avais connu et que comme elle je crois qu'à la mort, on revivra ça.

Je dois m'éloigner de mon blog pour me retrouver. Je prends un congé sabatique en quelque sorte, je mets ce blog en veille jusqu'à nouvel ordre. Je le retrouverai un jour, un certain jour comme le dit  si bien Frasby. D'ici là, j'aurais profondemment changé, du moins je l'espère...

Posté par Revista à 20:17 - - Commentaires [119] - Permalien [#]


Envie d'évasion

mont_blanc_velo_24heures_lausanne_mont_blanc

Les voeux continuent à jaillir de partout, je n'avais jamais remarqué qu'un mois de Janvier pouvait durer autant. A croire que l'on fait tout pour prolonger cette atmosphère festive dans laquelle beaucoup d'entre nous se sont réfugiés. Un dur retour à la réalité se profile, on retourne au travail, on se met à nouveau sur les routes etc.

Vous savez j'ai toujours ressenti un certain malaise face à tous ces voeux. Oh, bien sûr je les souhaite avec joie et sincérité mais je ne peux m'empêcher de remarquer que tous les ans c'est pareil. L'année apportera son lot de souffrances, beaucoup de morts ont déjà donné le ton à Gaza. Tout de même, certains donneront la vie, (re)connaîtront l'amour, l'amitié, les bons moments mais est-ce que tout cela a vraiment un sens? Pourquoi nous inscrivons-nous dans ce cycle perpétuel?

Je voudrais fuir parfois, me dire que cette année je fais ce que je veux, je pars si je le souhaite... Mais non, il y aura toujours ces responsabilités absurdes, ces convenances, cette société qui tergiverse depuis des lustres mais tellement peureuse d'affronter le changement se réfugie dans un mutisme infernal. Je sors ce genre de photographies et je me dis qu'un jour... peut-être...


Posté par Revista à 07:19 - - Commentaires [7] - Permalien [#]

18 janvier 2009

Que pensez-vous des sculptures d'Entropa?

Je viens de voir que les avis étaient très partagés sur ces sculptures. Certains disent que c'est de l'art et mettent en avant une certaine liberté d'expression. D'autres y voient directement une atteinte à des valeurs nationales.

ICI pour un diaporama

L'hexagone en grève, les Italiens avec un ballon de foot devant le sexe, l'Espagne en étendue de bêton, le Luxembourg à vendre, la Belgique en boite de chocolats entamé, la Pologne avec le clergé brandissant le drapeau arc-en-ciel...

J'aurais tendance à mettre en avant la dimension vraiment sympa de cette initiative, une belle entrée en matière pour la présidence de l'UE!


Posté par Revista à 07:37 - - Commentaires [6] - Permalien [#]

15 janvier 2009

Gare Saint-Lazare! Lazare réveille-toi!

C'est scandaleux, c'est scandaleux! Vous, membres odieux de SUD, infâmes syndicalistes syndiqués qui ne sont indic pour le syndic, vous êtes maudits! Bannis! Vous n'êtes qu'un tas de jean foutre! Des pieds de nez! Honte à vous! Honte à vous! Vous n'irez pas au paradis des fonctionnaires! Vous avez cassé le service public! Vous l'avez mis en charpie, démantelé! A cause de vous des gens ont attendu derrière les grilles! A cause de vous, bons à rien qui exercez votre droit de retrait, Paris entière fut paralysée! A cause de vous le livret A va baisser de 1,5 points, et l'inflation continuer à s'embraser! A cause de vous on poursuivra la réforme! Ah ah je me marre dans ma saloperie de pseudo-démocratie! Ah je me marre devant vous bandes d'idiots qui avez voté pour moi! Vous vouliez bosser! Et bien faîtes-le, allez éclatez-vous! Des heures supp', voilà tout ce que j'ai pour vous!

Une minute de silence pour cette nation de ...!

Deux minutes de silence pour cette nation de ...!

5 ans de silence dans cette nation de ...!

Honte à vous! Honte à vous! J'ai honte d'être Français, honte d'appartenir à cette cinquième chose publique!


PS (non pas PS) : Sophie, ce texte a été considérablement modifié, j'ai anticipé sur sa publication.


Posté par Revista à 18:19 - - Commentaires [12] - Permalien [#]

14 janvier 2009

Frida Kahlo - Les deux Fridas

Frida_Kahlo_le_due_frida


Posté par Revista à 16:57 - - Commentaires [15] - Permalien [#]


12 janvier 2009

La modération des commentaires

Selon vous, sur un blog, à partir de quel moment devons-nous modérer ou supprimer les commentaires? Si vous estimez qu'il faille les modérer...


Posté par Revista à 09:58 - - Commentaires [19] - Permalien [#]

11 janvier 2009

L'internationale torturée

L'internationale est vouée à l'échec. C'était écrit non pas dans les innombrables rencontres mais dans le mot même. Le mot se compose de deux éléments trop distincts.

Le préfixe "inter" signifie approximativement "entre" c'est-à-dire une union de deux corps bien distincts. Il ne désigne en aucun cas une fusion mais une union de circonstance. L'élément national est de tout temps le motif de bien des guerres.

Breton le disait et d'autres avant et après, trois éléments pourrissent la société : la patrie, le travail, la famille. La devise fasciste à laquelle bien des gouvernements libéraux ont amputé le seul élément famille (bien oui faut consommer le dimanche).

Comment un mouvement a t-il pu se construire autour d'un terme aussi négatif? Comment des gens ont-ils pu croire à l'union quand il était évident que la révolution serait nationale? La perception que nous avons de l'histoire (et qui est héritée de Marx) tend à dire que chaque pays produi(rai)t sa propre révolution. Autrement dit, renverser l'Etat à Berlin ne peut en aucun cas ressembler à la même chose à Paris. Pourquoi? Il est absolument déplorable qu'une réflexion se soit construite autour d'une culture et non autour d'une nature.

Le système politique actuel est pourri. Irrémédiablement pourri. De Besancenot à Sarkozy en passant par Le Pen, tous ont le même programme, la même volonté, faire règner un ordre qu'ils considèrent comme juste. Faire règner une idéologie qui se définit exclusivement à partir d'une culture. Personne ne cherche à remettre en question cette culture. Tout le monde est d'accord : "il faut du travail". Mais pourquoi devons-nous concevoir la vie (cette si courte vie) comme devant se composer de 42 années de cotisations à 1800 heures l'année? Pourquoi le fait de naître dans un espace géographique doit nous faire aimer ce même espace?

"Je suis anticapitaliste" disent certains, ou "antilibéral" pour d'autres. Sarkozy a raison QUAND il dit que l'anticapitalisme est une impasse pour la seule raison que le capitalisme est une impasse. Le capitalisme dit qu'il faut capitaliser, le libéralisme dit qu'il faut "laisser le champ libre aux initiatives privées". Si je suis anti-capitaliste, je dois donc consommer pour ne pas capitaliser. Si je suis libéral, je dois privilégier l'initiative publique mais les réformes de S. sont des initiatives publiques et pourtant elles démolissent le quotidien de bien des gens.

Une position est à la mode actuellement : "les extrêmes, c'est dangereux". L'extrême se définit par rapport à une neutralité. Peut-on parler d'une neutralité devant la politique de l'UMP(S)? Non, pour moi les extrémistes et les terroristes (remarquez que pour les médias il y a ici synonymie) ce sont les gens qui décident en petit comité de modifier le monde pour une cause qu'ils croient supérieure. On fait du Che un héros pour avoir pris Cuba à Battista, l'histoire lui donne raison mais avait-il le droit d'exécuter des gens sous pretexte qu'ils étaient du côté impérialiste?

J'en reviens à mon internationale. La guerre est internationale, le conflit est international or tout cela ne mène à rien. Je rêve d'une humanité qui croirait en son unité et qui cesserait son sectarisme.

Avez-vous remarqué que pour une guerre non "internationale" on parle de guerre "civile". Grossomodo, cela veut dire que le "militaire" ne peut être cause du trouble au sein de sa patrie pourtant toutes les guerres civiles impliquent des militaires. De même, les guerres internationales impliquent beaucoup plus de civils que de militaires.


Posté par Revista à 07:28 - - Commentaires [16] - Permalien [#]

10 janvier 2009

Le rêve africain

Trois enfants - deux filles et un garçon - âgés de cinq, six et sept ans qui voulaient partir en Afrique pour fuir la rigueur de l'hiver allemand ont vu leur rêve s'évanouir à la gare centrale de Hanovre, où ils ont été "cueillis" par la police. Lire la suite l'article

Ici, il fait moins dix degrés au petit matin. C'est la crise, un froid de grande vigueur pour tuer toutes les bactéries de la pourriture. Je crains qu'il ne faille encore descendre vers les moins vingt pour espérer une "amélioration". Comme disait Camus, la bacille de la peste est toujours présente, prête à germer.

Faîtes attention sur les routes, les hôpitaux n'ont pas de place pour vous accueillir. En plus, l'autre vient de décréter que c'était un problème d'organisation, le même que dans l'éducation nationale...


Posté par Revista à 08:15 - - Commentaires [17] - Permalien [#]

09 janvier 2009

La Chute, Albert Camus


La Chute d'Albert Camus
envoyé par HugoHoriot

Une mise en scène de la Chute, initiative intéressante que je vous laisse découvrir.

Adaptation de Catherine Camus et François Chaumette.


Posté par Revista à 16:44 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

08 janvier 2009

Les maximes de Dumaphis

Voici quelques maximes de Dumaphis par Alphonse Allais publié dans Les Poètes du Chat Noir (Nrf/Poésie) :

La misère a cela de bon, qu'elle supprime la crainte des voleurs.

***

J'ai connu bien des filles de joie qui avaient pour père un homme de peine.

***

Les gendarmes ont grand tort de malmener les criminels. Sans eux, ils n'existeraient pas.

***

Il est toujours avantageux de porter un titre nobiliaire. Etre de quelque chose, ça pose un homme, comme être de garenne, ça pose un lapin.

***

"L'amour est enfant de bohème", chante-t-on dans Carmen. C'est peut-être pour cela qu'il est fragile comme un verre.


Posté par Revista à 09:49 - - Commentaires [8] - Permalien [#]