Cette correspondance, publiée chez Gallimard, s'étale sur les années 46 - 59. Souvent faite de lettres concises, très limpides, elle permet d'aborder les oeuvres de Char et Camus avec un autre regard.

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Cette édition de Franck Planeille regroupe près de 200 lettres. La correspondance est tout de même paradoxale. Camus, le romancier, l'essayiste, Char, le poète sont frères. Deux profils si éloignés, deux poètiques si différentes correspondent à merveille, se retrouvent l'une dans l'autre. Le prix Nobel, aux multiples traductions et le poète à la réputation d'être hermétique. Les deux amis, compagnons, ont longtemps vécu dans le même immeuble, se voyaient régulièrement notamment aux alentours du Mont Ventoux et pourtant il reste cette correspondance et quelques photos éparpillées. La correspondance a aussi quelque chose de déroutant, on y parle location d'appartement, polémique littéraire avec Sartre et Breton. On y parle prix Nobel et ouvrage en commun.

Char dit à Camus "l'envie d'écrire des poèmes ne s'accomplit que dans la mesure précise où ils sont pensés et sentis à travers de très rares compagnons". C'est sur ces mots qu'il faut se remémorer cette fraternité, cette correspondance insérée dans la période si délicate, si complexe que celle de l'après-guerre. Une correspondance qui s'achève au 1er Janvier 1960, date à laquelle René Char est en compagnie de Tina Jolas. Correspondance qui se prolongera tout de même dans le poème de René Char : L'éternel Lourmarin.