14 janvier 2009
Frida Kahlo - Les deux Fridas
09 janvier 2009
La Chute, Albert Camus
La Chute d'Albert Camus
envoyé par HugoHoriot
Une mise en scène de la Chute, initiative intéressante que je vous laisse découvrir.
Adaptation de Catherine Camus et François Chaumette.
08 janvier 2009
Les maximes de Dumaphis
Voici quelques maximes de Dumaphis par Alphonse Allais publié dans Les Poètes du Chat Noir (Nrf/Poésie) :
La misère a cela de bon, qu'elle supprime la crainte des voleurs.
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J'ai connu bien des filles de joie qui avaient pour père un homme de peine.
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Les gendarmes ont grand tort de malmener les criminels. Sans eux, ils n'existeraient pas.
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Il est toujours avantageux de porter un titre nobiliaire. Etre de quelque chose, ça pose un homme, comme être de garenne, ça pose un lapin.
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"L'amour est enfant de bohème", chante-t-on dans Carmen. C'est peut-être pour cela qu'il est fragile comme un verre.
04 janvier 2009
En l'an de grâce 999
"Dans la dernière année du Xème siècle, raconte H.Martin, tout était interrompu, plaisirs, affaires, intérêts, tout, quasi jusqu'aux travaux de la campagne. Pourquoi, se disait-on, songer à un avenir qui ne sera pas? Songeons à l'éternité qui commence demain! On se contentait de pourvoir aux besoins les plus immédiats; on léguait ses terres, ses châteaux aux monastères pour s'acquérir des protecteurs dans ce royaume des cieux où on allait entrer. Beaucoup de chartes de donations aux Eglises débutent par ces mots "La fin du monde approchant, et sa ruine étant imminente..." Quand vint le terme fatal, les populations s'entassèrent incessamment dans les basiliques, dans les chapelles, dans les édifices consacrés à Dieu, et attendirent, transies d'angoisse, que les sept trompettes des sept anges du jugement retentissent du haut du ciel"
Cité par Jules Verne, Sans dessus dessous, Actes Sud, p97
Je laisse le soin au lecteur, en cette période de modernité, de tirer toutes les conclusions nécessaires et inévitables de ce texte.
03 janvier 2009
Finir 2008 dans les livres!
Quelques lectures de ces vacances hivernales :
- Sans dessus dessous de Jules Verne, du bon Verne, celui qui fait rire et qui critique, qui montre les dangers des initiatives privées et l'impuissance des Etats.
- Le secret de Wilhelm Storitz de Jules Verne, du très mauvais Verne, réactionnaire, raciste à souhait, écriture franchement pathétique et un préfacier qui cherche des problèmes là où il n'y en a pas. Ca m'a mis hors de moi!
- Robinson Crusoé de Daniel Defoe, horrible, affreux! Quelle honte! Racisme social, ethnique, hégémonie! Plaisir dans la cruauté, démantèlement des croyances d'autrui, bref toute l'arrogance occidentale concentrée dans un bouquin.
- Les Poètes du Chat Noir, excellent! Ah vraiment une lecture réjouissante! Un vrai humour! Léon Bloy a d'ailleurs collaboré au chat Noir, ça lui va bien. Autres collaborateurs : Alphonse Allais (fabuleux) Verlaine, Mallarmé, Maeterlinck, Salis et j'en passe des dizaines. Je vous offrirai quelques extraits, ça vaut vraiment le détour!
J'en profite pour vous remercier pour vos commentaires sur mon dernier article! Bonne année à vous tous! Que 2009 vous comble!
07 décembre 2008
Renoir, La lecture
Toile de Renoir que j'affectionne particulièrement.
06 décembre 2008
Le désir dans tous ses états
René Char est celui qui désire, part en quête de l'abondance pourtant cette abondance est profondément paradoxale. Char aime l'harmonie des contraires mais comment parvient-il à épouser une abondance stérile?
Chez Dostoïevski, les personnages ne font pas l'amour et ainsi ne risquent pas d'enfanter. On court après Grushenka dans les Frères Karamazov mais on n'arrive pas à l'avoir. Tout cela donne le sentiment que la jouissance n'existe pas dans la fécondation mais dans le désir. Au fond si Dmitri et Fiodor sont prêts à donner tout leur argent et jusqu'à leur vie même pour avoir Grushenka c'est qu'ils savent que tout leur bonheur se cristallisera au moment ultime du désir.
Le fantasme absolu est de réaliser son désir tout en le maintenant ce qui se traduit chez Char par le poème comme 'amour réalisé du désir demeuré désir'. L'abondance est dans le désir, désir qui, s'il se réalise, est constamment stérile. La libération spermatique ne doit en aucun cas s'accompagner de la naissance, elle doit mourir en sortant, s'évanouir. Le fantasme est là, face à ce désir réalisé comment créer à nouveau le désir? Le recommencement est la solution que la Nature a choisi pour l'homme mais cette Nature nous fait recommencer en insistant sur le temps et dans le but de créer. Il y a là une dimension insurmontable du problème. Et quelle place pour la femme dans ce système? L'homme moderne, si l'on se réfère à une conception biblique de la sexualité, est un criminel. La femme, elle, est considérée comme une machine à procréer. La dishmarmonie biblique existerait dans cette nécessité pour que la femme vive sa liberté (c'est-à-dire avoir le choix) que l'homme devienne criminel.
Je parle pour rien, j'en suis conscient, car plus j'avance et plus la société m'apparaît comme un personnage d'Aristophane avec son immense phallus sortant du déguisement. Char et Dostoïevski montrent cette contradiction du désir. Et pourtant, si la contradiction était résolue, qu'adviendrait-il du désir?
04 décembre 2008
Avez-vous écouté Jocaste?
Lorsque Jocaste mit au monde Oedipe, Laïos vit dans l'attitude d'un de ses serviteurs qu'il se tramait quelque chose. Une servante avec qui il partageait de temps à autre la couche eût tôt fait de lui révéler l'affaire : Oedipe n'était pas son fils. Au moment, où ivre de colère, on demande à Laïos de nommer son fils, il répondit à la stupéfaction de tous : Oedipe (pieds enflés). A cet instant, l'oracle lui fut révélé, Oedipe tuerait son père et partagerait la couche de sa mère. Un motif s'était naturellement trouvé pour exposer l'enfant. Laïos était envahi d'une haine si sourde contre ce père qu'il décida de laisser vivre son enfant. Il demanda au Berger de laisser vivre l'enfant et de raconter à Sophocle l'histoire que l'on connait.
Laïos décida de garder le serviteur-traître à ses côtés pour être sûr de contempler le parricide. Jocaste, dans son immense délicatesse, avait entendu la conversation entre Laïos et le Berger mais elle tenta vainement de mettre en garde son amant, ce dernier, trop crédule, trop avide, ne croyait pas les oracles et se félicita de cette promotion.
Lorsque Oedipe rencontra Laïos et ses deux hommes, il décida de tuer le maître qui ne put contempler le parricide. Devant lui, se dressaient deux hommes, il en choisit un et le laissa partir pour conter ce qu'il avait vu. Le dernier, son père, fut égorgé. Après avoir vaincu la Sphinx, Oedipe, plus beau que jamais rencontra Jocaste. Cette dernière était animée d'un désir fou pour cet homme qui lui rappelait tellement son amant mort. Elle lui offrit sa couche et, le peuple aidant, le titre royal.
On connaît la suite, l'épidémie de peste et le message de Créon. Quand Jocaste apprit ce qu'il avait fait (tuer d'une même main son bourreau et son amant), elle fût effondrée et décida de se suicider. Etéocle et Polynice, ignorants la vérité, firent d'Oedipe le responsable et lui crevèrent les yeux puis se déchirèrent pour savoir qui était le plus aimé de "maman". Antigone, raillant, ses deux imbéciles de frères, décida de partir à l'aventure avec son père aveugle pour, enfin, découvrir la ville, la civilisation à Athènes.
25 novembre 2008
La Bruyère, remarque 27, Du mérite personnel
"Tu te trompes, Philémon, si avec ce carosse brillant, ce grand nombre de coquins qui te suivent, et ces six bêtes qui te traînent, tu penses que l'on t'en estimes davantage ; l'on écarte tout cet attirail qui t'est étranger pour pénétrer jusqu'à toi, qui n'est qu'un fat."
24 novembre 2008
La tâche qu'on ne peut effacer...
Je viens de voir chez Materlinck, puis chez Bernanos cette image d'une tâche que l'on ne peut effacer. On tente tout ce qui est possible pour la faire disparaître mais elle demeure. Elle symbolise une souillure, une corruption. D'ailleurs chez Dostoïevski dans les Démons, cette tâche va jusqu'à s'accroître et prend la forme d'une immense araignée rouge qui terrorise Stavroguine.
On doit retrouver un même type d'image chez Shakespeare, dans Macbeth certainement avec le sang. Le sang se répand, atteignant jusqu'au visage du meurtrier, il devient sujet 'blood will have blood'. C'est tout un esprit de la souillure, de la fatalité l'accompagnant qui est mis en avant. Avez-vous d'autres exemples? Je suis bien évidemment preneur.






