11 janvier 2009
L'internationale torturée
L'internationale est vouée à l'échec. C'était écrit non pas dans les innombrables rencontres mais dans le mot même. Le mot se compose de deux éléments trop distincts.
Le préfixe "inter" signifie approximativement "entre" c'est-à-dire une union de deux corps bien distincts. Il ne désigne en aucun cas une fusion mais une union de circonstance. L'élément national est de tout temps le motif de bien des guerres.
Breton le disait et d'autres avant et après, trois éléments pourrissent la société : la patrie, le travail, la famille. La devise fasciste à laquelle bien des gouvernements libéraux ont amputé le seul élément famille (bien oui faut consommer le dimanche).
Comment un mouvement a t-il pu se construire autour d'un terme aussi négatif? Comment des gens ont-ils pu croire à l'union quand il était évident que la révolution serait nationale? La perception que nous avons de l'histoire (et qui est héritée de Marx) tend à dire que chaque pays produi(rai)t sa propre révolution. Autrement dit, renverser l'Etat à Berlin ne peut en aucun cas ressembler à la même chose à Paris. Pourquoi? Il est absolument déplorable qu'une réflexion se soit construite autour d'une culture et non autour d'une nature.
Le système politique actuel est pourri. Irrémédiablement pourri. De Besancenot à Sarkozy en passant par Le Pen, tous ont le même programme, la même volonté, faire règner un ordre qu'ils considèrent comme juste. Faire règner une idéologie qui se définit exclusivement à partir d'une culture. Personne ne cherche à remettre en question cette culture. Tout le monde est d'accord : "il faut du travail". Mais pourquoi devons-nous concevoir la vie (cette si courte vie) comme devant se composer de 42 années de cotisations à 1800 heures l'année? Pourquoi le fait de naître dans un espace géographique doit nous faire aimer ce même espace?
"Je suis anticapitaliste" disent certains, ou "antilibéral" pour d'autres. Sarkozy a raison QUAND il dit que l'anticapitalisme est une impasse pour la seule raison que le capitalisme est une impasse. Le capitalisme dit qu'il faut capitaliser, le libéralisme dit qu'il faut "laisser le champ libre aux initiatives privées". Si je suis anti-capitaliste, je dois donc consommer pour ne pas capitaliser. Si je suis libéral, je dois privilégier l'initiative publique mais les réformes de S. sont des initiatives publiques et pourtant elles démolissent le quotidien de bien des gens.
Une position est à la mode actuellement : "les extrêmes, c'est dangereux". L'extrême se définit par rapport à une neutralité. Peut-on parler d'une neutralité devant la politique de l'UMP(S)? Non, pour moi les extrémistes et les terroristes (remarquez que pour les médias il y a ici synonymie) ce sont les gens qui décident en petit comité de modifier le monde pour une cause qu'ils croient supérieure. On fait du Che un héros pour avoir pris Cuba à Battista, l'histoire lui donne raison mais avait-il le droit d'exécuter des gens sous pretexte qu'ils étaient du côté impérialiste?
J'en reviens à mon internationale. La guerre est internationale, le conflit est international or tout cela ne mène à rien. Je rêve d'une humanité qui croirait en son unité et qui cesserait son sectarisme.
Avez-vous remarqué que pour une guerre non "internationale" on parle de guerre "civile". Grossomodo, cela veut dire que le "militaire" ne peut être cause du trouble au sein de sa patrie pourtant toutes les guerres civiles impliquent des militaires. De même, les guerres internationales impliquent beaucoup plus de civils que de militaires.
Commentaires
Un peu dur pour un dimanche matin mon cher Léopold donc je reviendrai.
Je pense que Solko a d'autres explications à la pourriture intrinsèque à nos systèmes politiques.
Je défends le Che : il a exécuté comme les Résistants ont exécuté. Il y a des circonstances où on n'a pas le choix.
Mais dans notre société de Bisounours c'est difficile à admettre.
Ce sont pourtant les Bisounours qui nous préparent les pires tyrannies. Mot que je préfère à dictature qui ne veut plus rien dire.
Bon dimanche quand même !
Ni le Che, ni nos résistants, ni nos révolutionnaires ne sont défendables !
Tuer l'autre sous prétexte qu'il a des idées contraires ou des différences gênantes, ou parce qu'il me menace et que c'est lui ou moi, c'est toujours laisser la bête avoir raison sur l'humain.
Et ça dure depuis Caïn et Abel...
Sortirons-nous jamais de cette malédiction ?
Désolée Gazelle mais dans le cas des Résistants au nazisme il n'était pas question "d'idées contraires", on aurait pu laisser faire et les chambres à gaz tourneraient encore.
L'idéologie pacifiste peut être aussi meurtrière.
@ Rosa
S'ils avaient été d'accord avec Hitler, avec Staline, avec Pol Pot... leurs résistants n'auraient pas résisté.
Ils s'opposaient donc à des idées contraires aux leurs.
En ce cas, disons que le nazisme, le stalinisme, la Terreur, les dictatures, les oppressions, les extrêmismes religieux... les ont contraints et les contraignent à faire resurgir la bête en eux.
@ Gazelle : Pourquoi mêler la bête à tout ça, alors que le crime idéologique, politique -qu'on soit l'agresseur ou l'agressé - est un crime purement et spécifiquement humain. Pourquoi faire de l'angélisme devant ça? Le crime est une des composante de l'humain, c'est ce qu enous ont appris les mythes, dont Abel & Caïn. Et le tour de passe-passe qui consiste à dire que le crime inhumain est une sorte hypocrisie sémantique insupportable, qui ne nous dédouane pas de notre nature criminelle. Une hypocrisie de Bisournous. Sur cette question, je suis à 100% en accord avec Rosa : le bourreau vient toujours en souriant (c'est même souvent à cela qu'on le reconnait !)
Excusez-moi, je fais de l'azertisme chronique ce soir : il faut lire "une des composantes", bien sûr, et "qui consiste à dire que le crime est inhumain". Je saute des mots, je laisse des espaces aux mauvais endroits. Pourtant je n'ai bu que de l'eau, promis, juré, si je meurs, etc...
Le che venait pour renverser Batista, or Batista est mort 20 ans après, des innocents ont quoi que l'on dise étaient exécutés. Il est en effet très dur de faire la part des choses, comment résister au nazisme sans tuer?
Moi je ne me prononce pas, je rêve de n'avoir jamais à prendre ces décisions.
Gazelle, je comprends parfaitement ta position. Mais quand notre vie, celle de nos proches est menacée par autrui, devons-nous faire triompher le bestial et se battre? ou devons-nous nous sacrificer pour un idéal de non-violence?
Je me demande du combat ou du sacrifice, qui est le plus violent?
Le crime politique est humain... Les animaux s'entretuent aussi pour des questions de territoire?
Je crois que dans le crime il y a une part bestiale, et une part humaine, les deux ne sont pas dissociables.
Pensez-vous Solko qu'un crime bestial soit forcément synonyme d'un crime inhumain?
Europe !
Ce thème des rapports entre nations me fait penser à l'Europe, super-structure qui agrège un certain nombre de pays, mais où, malgré la libre circulation des individus (relative dans les faits), la division en nations est maintenue, et où rien n'est fait pour faciliter la survenue et l'expression de contre-pouvoirs trans-nationaux.
Diviser (ou plutôt dans ce cas maintenir les divisions) pour mieux régner…
Je n'ai pas dit où je me placerais ni ce que je ferais... Mais il y a eu des réactions "émotionnelles" immédiates à mes commentaires, collant des étiquettes pas très sympas...
Ca fiche la trouille, tout de même !
Moi qui croyait l'idée libertaire morte, ça fait un bien fou de te lire, merci à toi (et pourtant je suis encarté...)
Oui KL Loth, l'Europe malheureux exemple de cette conservation de la Nation. Faut dire que l'Etat fédéral européen représente pour certains un idéal quand d'autres voit dans le régionalisme une avancée...
Gazelle, je ne pense pas que l'étiquette t'aille donc ne t'en fais pas :)
Entartré, encarté, toujours le même objectif, promouvoir la sécurité sociale :) Merci Fab, la carte est une chose qui sert à Edvige, la volonté et l'action ne sont encartables.
Là dessus nous sommes bien d'accord. Mais ... j'ai un pas à franchir, comme disait l'autre :)
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=483845&pid=12043535
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :




