L'internationale est vouée à l'échec. C'était écrit non pas dans les innombrables rencontres mais dans le mot même. Le mot se compose de deux éléments trop distincts.

Le préfixe "inter" signifie approximativement "entre" c'est-à-dire une union de deux corps bien distincts. Il ne désigne en aucun cas une fusion mais une union de circonstance. L'élément national est de tout temps le motif de bien des guerres.

Breton le disait et d'autres avant et après, trois éléments pourrissent la société : la patrie, le travail, la famille. La devise fasciste à laquelle bien des gouvernements libéraux ont amputé le seul élément famille (bien oui faut consommer le dimanche).

Comment un mouvement a t-il pu se construire autour d'un terme aussi négatif? Comment des gens ont-ils pu croire à l'union quand il était évident que la révolution serait nationale? La perception que nous avons de l'histoire (et qui est héritée de Marx) tend à dire que chaque pays produi(rai)t sa propre révolution. Autrement dit, renverser l'Etat à Berlin ne peut en aucun cas ressembler à la même chose à Paris. Pourquoi? Il est absolument déplorable qu'une réflexion se soit construite autour d'une culture et non autour d'une nature.

Le système politique actuel est pourri. Irrémédiablement pourri. De Besancenot à Sarkozy en passant par Le Pen, tous ont le même programme, la même volonté, faire règner un ordre qu'ils considèrent comme juste. Faire règner une idéologie qui se définit exclusivement à partir d'une culture. Personne ne cherche à remettre en question cette culture. Tout le monde est d'accord : "il faut du travail". Mais pourquoi devons-nous concevoir la vie (cette si courte vie) comme devant se composer de 42 années de cotisations à 1800 heures l'année? Pourquoi le fait de naître dans un espace géographique doit nous faire aimer ce même espace?

"Je suis anticapitaliste" disent certains, ou "antilibéral" pour d'autres. Sarkozy a raison QUAND il dit que l'anticapitalisme est une impasse pour la seule raison que le capitalisme est une impasse. Le capitalisme dit qu'il faut capitaliser, le libéralisme dit qu'il faut "laisser le champ libre aux initiatives privées". Si je suis anti-capitaliste, je dois donc consommer pour ne pas capitaliser. Si je suis libéral, je dois privilégier l'initiative publique mais les réformes de S. sont des initiatives publiques et pourtant elles démolissent le quotidien de bien des gens.

Une position est à la mode actuellement : "les extrêmes, c'est dangereux". L'extrême se définit par rapport à une neutralité. Peut-on parler d'une neutralité devant la politique de l'UMP(S)? Non, pour moi les extrémistes et les terroristes (remarquez que pour les médias il y a ici synonymie) ce sont les gens qui décident en petit comité de modifier le monde pour une cause qu'ils croient supérieure. On fait du Che un héros pour avoir pris Cuba à Battista, l'histoire lui donne raison mais avait-il le droit d'exécuter des gens sous pretexte qu'ils étaient du côté impérialiste?

J'en reviens à mon internationale. La guerre est internationale, le conflit est international or tout cela ne mène à rien. Je rêve d'une humanité qui croirait en son unité et qui cesserait son sectarisme.

Avez-vous remarqué que pour une guerre non "internationale" on parle de guerre "civile". Grossomodo, cela veut dire que le "militaire" ne peut être cause du trouble au sein de sa patrie pourtant toutes les guerres civiles impliquent des militaires. De même, les guerres internationales impliquent beaucoup plus de civils que de militaires.